La Société Française d’Archéologie

La Société Française d’Archéologie a été créée en 1834 par Arcisse de Caumont, à une époque où naissait également la Commission supérieure des Monuments Historiques. Trente cinq ans après la Révolution Française, cette création participait d’un mouvement intellectuel et social renouant avec l’érudition du XVIIIe siècle, et se nourrissant d’une passion pour un patrimoine délaissé, ruiné ou laissé à l’abandon.

La SFA fut d’abord, pour son créateur, une sorte de fédération des sociétés d’érudition ou d’archéologie locales ; son Congrès annuel réunissait, au XIXe siècle, les archéologues de toutes origines – tous bénévoles, comme il se devait. On ne faisait pas la distinction, à l’époque, entre ceux qui fouillaient le sol et ceux qui scrutaient le monument : mais, pour autant, Arcisse de Caumont avait fixé le destin de la SFA en lui assignant le but de promouvoir la conservation et l’étude des « monuments historiques ». À l’époque où se créa la Société, ce terme désignait, pour l’essentiel, les monuments du Moyen Âge : ainsi la Société Française d’Archéologie s’est-elle progressivement concentrée sur le Moyen Âge, quoiqu’en ses débuts elle ait traité aussi d’époques plus anciennes.

Aujourd’hui, la SFA est, comme au XIXe siècle, un extraordinaire creuset où se mélangent professionnels et amateurs, spécialistes du patrimoine, de l’archéologie de fouilles comme de l’archéologie du bâti. Ses domaines de prédilection ont évolué : elle s’ouvre de plus en plus aux périodes modernes, et s’enrichit de références prises dans le passé gallo-romain et le Moyen Âge. Et puis, la SFA est sans doute la seule société savante, non financée par l’État, qui publie deux revues à portée internationale : le Bulletin Monumental et le Congrès Archéologique de France.

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